Trai­te­ment et prévention

De quoi les per­son­nes con­cer­nées ont-elles besoin ?

Tout trai­te­ment médi­ca­men­teux doit être adap­té à l’évolution indi­vi­du­el­le de la maladie.

Les per­son­nes con­cer­nées ont beso­in de méde­cins qui con­nais­sent bien le lupus et qui les pren­nent au sérieux. Une rela­ti­on d’égal à égal ent­re le pro­fes­si­on­nel de san­té et le pati­ent est d’une gran­de importance. 

De quoi les per­son­nes con­cer­nées ont-elles besoin ?

Apports des pro­fes­si­on­nels et des per­son­nes concernées

Thé­ra­pie et objec­tifs thérapeutiques

Dans le cad­re de la thé­ra­pie, le méde­cin et les per­son­nes att­ein­tes de lupus ont cha­cun leurs pro­pres responsabilités. 

Il exi­ste des domain­es qui relè­vent de la responsa­bi­li­té du méde­cin : ana­ly­ses de labo­ra­toire, éva­lua­tions médi­cal­es, sui­vi des der­niè­res recher­ches. Ensuite, il y a des domain­es dont les per­son­nes att­ein­tes de lupus sont elles-mêmes respons­ables : mode de vie, obser­van­ce thé­ra­peu­tique (com­pli­ance), pri­se de médi­ca­ments. Cepen­dant, il exi­ste aus­si des domain­es que les méde­cins et les per­son­nes att­ein­tes de lupus ne peu­vent abor­der qu’ensemble.

En con­cer­ta­ti­on avec leur méde­cin trai­tant, les per­son­nes con­cer­nées doi­vent déter­mi­ner quel­le thé­ra­pie leur con­vi­ent le mieux et off­re le plus grand béné­fice pos­si­ble. De nombreux fac­teurs ent­rent en jeu, y com­pris des fac­teurs per­son­nels (situa­ti­on fami­lia­le, auto­no­mie, mobi­li­té, moti­va­ti­on, valeurs, etc.). 

Nous recom­man­dons une éva­lua­ti­on com­plè­te par un spé­cia­li­ste du lupus.

Les per­son­nes att­ein­tes de lupus et leur méde­cin doi­vent défi­nir un objec­tif thé­ra­peu­tique. L’objectif thé­ra­peu­tique est réana­ly­sé lors de chaque con­sul­ta­ti­on ; si néces­saire, la thé­ra­pie et l’objectif thé­ra­peu­tique sont adap­tés à l’évolution du lupus. Il est important que les pati­ents lupi­ques soi­ent inclus dans les réfle­xi­ons et les décisions. 

En prin­ci­pe, l’objectif de la thé­ra­pie est d’assurer un état sta­ble du lupus.

Une thé­ra­pie effi­cace pré­vi­ent les pous­sées et les dom­mages à long terme

Opti­mi­sa­ti­on des résul­tats dans le LED : trai­te­ment ciblé et défi­ni­ti­on des objec­tifs de traitement.

A. Doria et al ; Auto­im­mu­ni­ty Reviews 2014 (Cli­quez ici pour l’image)

Le lupus est une mala­die chro­ni­que qui évo­lue géné­ra­le­ment par pous­sées. Des pha­ses de repos plus longues (rémis­si­ons) sont pos­si­bles, mais peu­vent se trans­for­mer brusquement en pous­sées actives. 

Objec­tif thé­ra­peu­tique 2 :

Con­trô­le dura­ble du LED. Réduc­tion de l’utilisation de stéroïdes. 

Source : Iking-Konert, Stadt­spi­tal Zürich : (Cli­quez ici pour l’image)

En par­ler ouvertement

Vous seul savez et res­sen­tez exac­te­ment com­ment vous allez !

Les sym­ptô­mes cou­rants com­pren­nent la dou­leur et une fati­gue inten­se. Cepen­dant, le lupus est éga­le­ment pesant sur le plan psy­cho­lo­gi­que : sym­ptô­mes visi­bles (éry­thè­me en aile de papil­lon) et invi­si­bles, man­que de com­pré­hen­si­on de l’entourage, stress au travail. 

Plus vous décr­i­rez pré­cis­é­ment ces pro­blè­mes à vot­re méde­cin, mieux il ou elle pour­ra les abor­der et tra­vail­ler avec vous pour trou­ver des solutions.

Pré­pa­rez bien vot­re ren­dez-vous médi­cal. En plus de tou­tes vos que­sti­ons, notez ce qui est important pour vous et ce dont vous avez beso­in ou ce que vous souhaitez. 

Assu­rez-vous d’obtenir des répon­ses à vos que­sti­ons. Si vot­re méde­cin ne peut pas vous répond­re immé­dia­te­ment, con­ve­nez d’un ren­dez-vous (au cabi­net ou par télé­pho­ne) pour un sui­vi ultérieur. 

Médi­ca­ments

Il n’existe pas UN SEUL médi­ca­ment cont­re le lupus.

Selon le type et la gra­vi­té du LED et selon que des orga­nes sont tou­chés ou non, dif­fér­ents médi­ca­ments sont uti­li­sés pour le traitement.

Les médi­ca­ments de base com­pren­nent les anti­pa­lu­dé­ens, les immu­no­sup­pres­seurs et éven­tu­el­le­ment la cor­ti­so­ne (sur­tout lors des pous­sées aiguës) ou les anti-inflamma­toires non sté­roï­di­ens (AINS). Les thé­ra­pies bio­lo­gi­ques sont éga­le­ment de plus en plus utilisées. 

Le trai­te­ment médi­ca­men­teux doit être con­tin­uel­le­ment revu en fonc­tion des sym­ptô­mes et des résul­tats indi­vi­du­els ain­si que de l’évolution respec­ti­ve de la mala­die. Des visi­tes médi­cal­es régu­liè­res sont essen­ti­el­les pour aju­ster la thérapie. 

Une rela­ti­on de con­fi­ance avec le méde­cin est très importan­te, car elle favo­ri­se l’observance (par­ti­ci­pa­ti­on acti­ve à la thérapie).

Vous trou­verez ici des infor­ma­ti­ons détail­lées sur les médi­ca­ments lis­tés (anti-inflamma­toires sté­roï­di­ens et médi­ca­ments de base) ain­si que sur d’autres médi­ca­ments (anti-inflamma­toires non sté­roï­di­ens, anal­gé­si­ques, médi­ca­ments cont­re l’ostéoporose) :

Si, en plus du lupus, un syn­dro­me des anti­phos­pho­li­pi­des (SAPL) est pré­sent, des médi­ca­ments anti­co­agu­lants doi­vent être pris.

Médi­ca­ment
Nom de marque
Att­ein­te d’organes
Approu­vé pour
Cor­ti­co­sté­roï­des
Spi­ri­cort
pour l’inflammation aiguë
.
Hydroxy­chlo­ro­qui­ne
Plaque­nil
tous
LED
Métho­tre­xa­te
Methr­exx
inflamma­toire
hors AMM
Aza­thio­pri­ne
Imu­rek
Tous
LED
Aci­de mycophénolique
Cell­Cept
tous
Néphri­te lupi­que II, III, IV
Béli­mu­mab
Ben­ly­sta
Tous, sauf hématologie
Néphri­te lupi­que II, III, IV
Anif­ro­lu­mab
Saphne­lo
Non rénal
LED non rénal
Cyclo­phos­pha­mi­de
Endoxan
Men­a­çant le pro­no­stic d’un organe
Néphri­te lupi­que II, III, IV
Voclos­po­ri­ne
Lup­ky­nis
Néphri­te lupique
Trai­te­ment adju­vant néphri­te lupique

Vous trou­verez ci-des­sous un aper­çu des médi­ca­ments les plus cou­ram­ment uti­li­sés dans le trai­te­ment du lupus.

Source : Aerzteblatt.de – DOI : 10.3238/PersImmun.2023.02.10.01

Médi­ca­ments cont­re les dou­leurs rhumatismales

Voi­ci une vidéo inté­res­s­an­te de la Ligue suis­se cont­re le rhu­ma­tis­me sur le trai­te­ment des dou­leurs rhumatismales :

La vidéo (durée 3 min 30) pré­sen­te les thé­ra­pies médi­ca­men­teu­ses : anal­gé­si­ques, anti-inflamma­toires, immu­no­sup­pres­seurs, bio­thé­ra­pies, psy­cho­tro­pes. Leurs effets, effets second­ai­res et ris­ques sont expli­qués de maniè­re brè­ve et claire. 

Lire la vidéo

Thé­ra­pies alternatives

Un lar­ge éven­tail d’options complémentaires

Dans de nombreux cas, il est effi­cace que le trai­te­ment médi­cal soit accom­pa­gné de thé­ra­pies sup­p­lé­men­tai­res, par exemp­le la phy­sio­thé­ra­pie, l’ergothérapie, l’aquagym, le mas­sa­ge, le tai-chi, le qi gong…

Les thé­ra­pies alter­na­ti­ves tel­les que la méde­ci­ne tra­di­ti­on­nel­le chi­noi­se (MTC) peu­vent par­fois appor­ter un sou­la­ge­ment et amé­lio­rer l’adaptation psy­cho­lo­gi­que au lupus. Cepen­dant, elles n’ont pas d’efficacité prou­vée ; les thé­ra­pies alter­na­ti­ves sont un bon com­plé­ment à la méde­ci­ne conventionnelle. 

Con­seil psychologique

Les han­di­caps dans la vie quo­ti­di­en­ne cau­sés par la dou­leur et la fati­gue, ain­si que le fait que l’évolution de la mala­die ne puis­se être pré­di­te, repré­sen­tent un far­deau psy­cho­lo­gi­que pour de nombreu­ses per­son­nes concernées.

Le lupus est une mala­die rare et donc peu con­nue. Com­me la mala­die est la plu­part du temps invi­si­ble, les sym­ptô­mes sont sou­vent igno­rés par l’entourage de la per­son­ne con­cer­née. La patho­lo­gie est éga­le­ment com­ple­xe. Pour cet­te rai­son, il n’est pas faci­le pour de nombreu­ses per­son­nes con­cer­nées de par­ler de leur lupus. 

La psy­cho­thé­ra­pie peut aider les per­son­nes con­cer­nées à fai­re face aux aspects stres­sants de la mala­die et à amé­lio­rer leur bien-être psy­cho­lo­gi­que. Elle doit être pre­scri­te par un méde­cin pour que la caisse d’assurance mala­die en cou­vre les frais. Veuil­lez véri­fier les con­di­ti­ons exac­tes auprès de vot­re assureur. 

Plus d’informations sur la page « San­té men­ta­le ».

SAV3E – LES MESURES DE BASE POUR LE LED

Importance de la pro­tec­tion solaire

La lumiè­re du soleil (en par­ti­cu­lier les ray­ons UVA) peut déclen­cher des pous­sées ou aggra­ver les symptômes.

L’Office fédé­ral de la san­té publi­que (OFSP) recom­man­de d’éviter le soleil ent­re 11h00 et 15h00, car le ray­on­ne­ment UV est le plus inten­se à ce moment-là.

Aut­re règ­le simp­le : si vot­re ombre est plus cour­te que vot­re tail­le, vous devriez évi­ter le soleil. 

L’exposition au soleil non seu­le­ment exa­cer­be les pro­blè­mes de peau, mais peut éga­le­ment aggra­ver l’état des orga­nes inter­nes, car la lumiè­re du soleil peut aug­men­ter les anti­corps spé­ci­fi­ques au lupus (anti­corps de type Ro/​SSA ou SSA[RO]), ce qui peut ent­raî­ner une pous­sée de lupus.

La pro­tec­tion solai­re est donc importan­te ! Voir les mesu­res effi­caces suivantes. 

Soleil et ray­ons UV

L’eau, le sable et la nei­ge réflé­chis­sent le soleil, ce qui nous expo­se enco­re plus aux ray­ons UV.

L’eau, le sable et la nei­ge peu­vent inten­si­fier le ray­on­ne­ment UV car ils le réfléchissent.

La nei­ge aug­men­te con­sidé­ra­blem­ent l’indice UV et l’eau réflé­chit le ray­on­ne­ment UV. Même à l’ombre, vous n’êtes pas tota­le­ment pro­té­gé des ray­ons UV. De plus, le ray­on­ne­ment UV aug­men­te avec l’altitude. La pro­tec­tion solai­re est donc par­ti­cu­liè­re­ment importan­te en mon­tagne, sur­tout en hiver.

Pro­phy­la­xie par la vit­ami­ne D

Vit­ami­ne D sous for­me de com­pri­més ou de gout­tes et ali­ments riches en vit­ami­ne D

La vit­ami­ne D est pro­duite par l’exposition de la peau à la lumiè­re du soleil. Com­me les per­son­nes att­ein­tes de lupus doi­vent évi­ter le soleil, les taux de vit­ami­ne D peu­vent rapi­de­ment deve­nir trop bas. 

Une carence en vit­ami­ne D ent­raî­ne l’ostéopénie et l’ostéoporose chez l’adulte. Un fai­ble taux de vit­ami­ne D est éga­le­ment un fac­teur de ris­que de mala­dies auto-immu­nes. Plus le taux de vit­ami­ne D est bas, plus l’activité de la mala­die est éle­vée (un cer­cle vicieux pour les per­son­nes att­ein­tes de lupus). De plus, les beso­ins en vit­ami­ne D sont aug­men­tés lors de la pri­se de glu­co­cor­ti­coï­des (cor­ti­so­ne).

Les ali­ments riches en vit­ami­ne D com­pren­nent, par exemp­le : les pois­sons gras (pré­fé­rez les petits pois­sons), les œufs, les cham­pi­gnons, l’avocat, la mar­ga­ri­ne (enri­chie en vit­ami­ne D).

Le « pacing » com­me stratégie

Gesti­on de la fati­gue et de l’énergie

Un pro­blè­me majeur pour les per­son­nes att­ein­tes de lupus est la fati­gue, c’est-à-dire une fati­gue chro­ni­que et un épui­se­ment rapide. 

L’épuisement sévè­re, appelé « crash », doit être évi­té. Une stra­té­gie uti­le est le pacing (gesti­on du rythme). 

Pla­ni­fiez vot­re vie quo­ti­di­en­ne et ne la surchar­gez pas de trop d’activités. Les pau­ses font éga­le­ment par­tie de cet­te pla­ni­fi­ca­ti­on. Elles sont très importan­tes pour que la fati­gue ne s’aggrave pas au cours de la journée. 

Quel­les que soi­ent les stra­té­gies que vous uti­li­sez pour gérer vot­re énergie—par exemp­le un jour­nal d’énergie ou une alar­me pour les pauses—il est important d’apprendre le pacing. Ne dépas­sez pas vos limi­tes individuelles. 

Vous ver­rez que vous pou­vez enco­re fai­re et oser beau­coup de cho­ses par­ce que vous savez qu’une pau­se est pré­vue après l’effort.

Il faut du temps pour s’habituer au pacing. Il ne s’agit pas seu­le­ment de déve­lo­p­per des stra­té­gies appro­priées. Cela néces­si­te un chan­ge­ment de men­ta­li­té. Non, prend­re des pau­ses régu­liè­res n’est pas une mau­vai­se cho­se ! C’est important pour vot­re corps ! 

Not­re socié­té est axée sur la per­for­mance. Tout d’abord, vot­re pro­pre visi­on du pacing, qui respec­te vos limi­tes, doit être com­pré­hen­si­ve et bien­veil­lan­te. Ensuite, vot­re entou­ra­ge pro­che doit éga­le­ment être convaincu. 

En fin de comp­te, vous et vos pro­ches en béné­fi­ci­e­rez lorsque vous app­rend­rez à uti­li­ser vot­re éner­gie de maniè­re plus dura­ble. Elle doit durer tou­te la jour­née, le len­de­main et tous les jours suivants.